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Le journal d'un esprit libre

Hypocrisie Facebookienne.

"La dissimulation est le premier pas vers l'hypocrisie"

"La dissimulation est le premier pas vers l'hypocrisie"

Selon Wikipédia, un réseau social est « un ensemble d'individus ou d'organisations reliés par des interactions sociales régulières. » Si l’hypocrisie était considérée comme une interaction, alors, le site Facebook aurait totalement rempli sa tâche de réseau social.

Ne soyons pas mauvaise langue et ne tournons pas autour du pot. Qui n’a jamais « liké » la photo d’un « ami » qu’il ne portait pas dans son cœur. Qui n’a jamais laissé un commentaire alors qu’il pensait le contraire ?

Bien que l’humain soit hypocrite par nature, sur Facebook, il l’est davantage. Je plaide aussi coupable dans cette fourberie virtuelle. Mais celui qui reste sous l’eau finit par se noyer. Alors il est grand temps pour notre paix intérieure d’afficher ce que l’on pense vraiment et de savoir dire « non » ou « je t’emmerde » quand le moment est devenu propice.

 

Ayant vécu en Russie plusieurs mois, j’y ai découvert un peuple glacial d’apparence, mais bouillant de l’intérieur. Tout le contraire de ce que l’on peut retrouver chez nous en Europe de l’Ouest. Chez les Slaves, dire « non » et montrer son mécontentement dès la première rencontre n’est pas une chose mal vue. La Rouskaya Doucha (âme russe) a quelque peu déteint sur moi et je me calque sur cette liberté de parler afin d’alléger ma conscience et d’ôter ce petit masque mensonger.

 

S’il est difficile de s’exprimer franchement face à une personne, sur Internet, la chose est bien plus aisée. Il y a un an ou deux, j’étais tombé sur un article à propos d’un homme qui avait décidé d’être honnête pendant 24 H sur Facebook. Il perdit la moitié de ses contacts.

Je ne sais pas si l’article était un hoax ou bien réel, mais quelques situations m’avaient bien fait rire d’autant plus que je me suis senti visé. L’un de mes passages préférés était sa réponse envers une maman un peu trop « exhibitionniste » par rapport à la vie de son enfant. Que l’on partage des photos de sa fille ou de son fils, il n’y a rien de grave. Facebook est bien pratique quand il s’agit d’afficher des photos de famille ou vacances. On évite de sortir l’album photo pendant le repas du dimanche et cela permet un échange bien plus rapide et simple. Et je suis le premier à contempler les photos de mes contacts en voyage. Mais entre exposer son enfant déguisé pour le carnaval et nous rabâcher toute la journée que « Mathéo est malade, Léo a quitté le pot, Théo n’aime pas les nouveaux yaourts, Valentine se régale devant Disney, Maxime se fout un doigt dans le nez, Lisa a la diarrhée… », ça devient ultra lourd !

Sincèrement, qui est intéressé par ce genre de poste mis à part l’auteur en lui-même ? Comme une image vaut 1000 mots, voici la réponse du gars qui a décidé d’être honnête envers une maman parlant de son fils :

   

« Tu faisais quoi avant Facebook ? Tu allais raconter ton intimité dans la rue avec un mégaphone ? »

Tout est dit. J’ai bien plus peur du virtuel que du réel. Sur internet, il n’y a aucune limite. Ce que vous exposez sur Facebook restera dans Facebook. Toutes vos infos, vos photos, vos délires sont enregistrés et sauvegardés. Et si vous possédez 4000 amis, se sont 4000 personnes susceptibles de se servir de vos données confidentielles pour des fins qui peuvent être parfois non plaisantes pour vous. Je ne dis pas qu’il faut devenir un parano. Moi-même, j’ai un compte Facebook, une photo de profil avec ma copine et quelques photos de vacances. Mais ça s’arrête là. Mes « amis » facebookiens ont souvent pour point commun : le sport. Je ne connais pas les ¾ de mes contacts, voilà pourquoi je préfère rester prudent. Je n’aime pas que l'on me tague sur une photo personnelle sans m’avoir demandé la permission. Je n’aime pas que l'on me tague sur un lieu, car je ne vois aucun intérêt à ce que mes contacts sachent où je me trouve et avec qui je suis. Je ne ferais jamais une déclaration d’amour à ma copine dans une rue bondée de monde ; sur Facebook c’est la même chose. Ce qui se passe dans le privé doit rester privé. Là est le problème avec ce site. La frontière entre les deux est souvent bien trop mince ou inexistante. Chacun est bien sûr libre de ses choix, mais je pense que la vigilance doit être prise en compte. Avant l’arrivée de tous ces sites internet, personne n’avait l’idée d’afficher son intimité publiquement. Et personne ne venait approuver la chose, enfin je crois… ou bien j’ai loupé quelque chose et je suis resté trop longtemps dans ma grotte.

 

 

 


L’hypocrisie est à son paroxysme quand je vois certains commentaires proches du compliment à l’égard d’une personne par une autre personne quand celles-ci ne peuvent pas se supporter dans la « vraie vie ». Pourquoi diable se faire chier à rester en contact avec quelqu’un que l’on n’aime pas ? Pourquoi liker une photo dont on se désintéresse totalement ? Pourquoi complimenter quelqu’un si l'on pense le contraire ? Vous est-il déjà venu auparavant de rencontrer lors d’une soirée une personne que vous n’appréciez guerre et d’aller la voir en lui disant : « Waouuu, j’adooooore tes nouvelles chaussures ! » Si oui, alors ne changez pas, Facebook est parfait pour vous. Sinon, arrêtez ce petit jeu, soyez franc et honnête ou alors ne dites rien.

 

« Si ça ne te plait pas, passe ton chemin ! » me diriez-vous. Vous avez certainement raison. J’ai juste à ignorer la chose et me contenter de rire méchamment dans mon coin. Mais l’envie était trop forte et je me devais d’écrire ces lignes. J’ai aussi, dans mon passé, raconté ma vie sur Facebook.
Mais c’est en se confrontant à la bêtise des autres que l'on peut se rendre compte que l’on ne vaut pas mieux. L’ère du virtuel est bien présent. Mais n’oublions pas que derrière nos écrans se cache notre monde. Les discussions entre amis sont bien plus chaleureuses autour d’une tasse de thé (café, chocolat, verre d’eau ou jus de tomate, peu importe) que devant messenger. Et de montrer au monde entier que l’on vient d’acheter une nouvelle paire de chaussures ne fera pas de vous quelqu’un de plus important.

 

Conclusion haineuse :

Dans « Éloge d’une énergie vagabonde », Sylvain Tesson décrit à la perfection la volonté du citoyen à tomber dans le consumérisme malsain afin de prouver aux autres sa grandeur matérialiste. « La consommation nous enjoint d’accroitre nos possessions non pas pour profiter de leurs bienfaits, mais pour nous maintenir au même niveau relatif de jouissance que nos voisins. » Il n’y a pas plus exquis comme phrase pour résumer ce que Facebook est pour moi. Si vous publiez vos nouvelles lunettes de soleil à 500 euros, c’est pour montrer que vous avez acquis cette nouvelle paire de lunettes. Nous ne sommes plus dans la phase « Je pense, donc je suis », mais « Je consomme, donc je suis ». Le paraitre avant l’être. Et ça fonctionne. De vouloir faire envier vos amis par toutes vos sorties et vos loisirs, Facebook est devenu un facteur de dépression (étude réalisée par le sociologue Hui-Tzu Grace Chou de l’université de l’Utah). Le plus grave dans tout ça ? Que ces mêmes personnes qui dépriment sont les premières à liker les « soirée cinéma avec ma best » et « super Saint Valentin avec mon chéri ».

 

Mais finalement, n’est-ce pas le propre de l’homme ? Vouloir toujours plus et surtout bien plus que son voisin ? De complimenter par devant pour mieux marmonner l’inverse dans le dos ? Que ce soit sur Facebook, dans la vie, en géopolitique ou bien sur un plateau télé, l’hypocrisie est bien présente en chacun de nous. À nous d’évoluer et savoir dire «merde » quand il le faut. Bernard Werber l’a si bien dit : L’hypocrisie fait les amis, la franchise engendre la haine.

Pas étonnant que les Russes soient politiquement détestés…

 

 

 

 

 

Hypocrisie Facebookienne.

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Commenter cet article

pretender 06/02/2015 14:04

Super article. Vivement le prochain!

La rouquine 30/01/2015 22:35

tout à fait vrai