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Le journal d'un esprit libre

Sarah Marquis - Sauvage par nature.

"La sensibilité est l'unique réponse pour comprendre un paysage. Il faut laisser de côté la logique, les théories, le bon sens et tout le reste."

"La sensibilité est l'unique réponse pour comprendre un paysage. Il faut laisser de côté la logique, les théories, le bon sens et tout le reste."

Sauvage par nature.

 

Grand fan des romans – carnets d’aventures, je ne pouvais pas passer à côté d’un titre si racoleur : Sauvage par nature – De Sibérie en Australie, 3 ans de marche extrême en solitaire.

Je ne connaissais pas Sarah Marquis et j’ai découvert cette sacrée femme à travers ce livre qui n’est pas son premier. On peut lire qu’elle a été élue « Aventurier 2013 » et « Aventurier 2014 » prix décerné par National Geographic.

Ça s’annonce plutôt pas mal et c’est avec grand plaisir que je me jette dans ce livre.
Pendant 300 pages, je suis donc les aventures de Sarah Marquis qui a décidé de traverser l’Asie pour se rendre en Australie (via un cargo). Trois années de marche en solitaire dans des environnements hostiles et face à la folie des hommes.

 

Le livre se lit vite et la lecture est agréable.

Mais justement, il se lit trop vite.

Une grosse partie de l’ouvrage est dédiée à sa traversée de la Mongolie, pays vaste et peu peuplé qui abrite au milieu de ces steppes et déserts des nomades. Mais sincèrement, après avoir lu ses péripéties avec les autochtones mongols, je n’ai franchement pas envie d’aller les rencontrer ! Grossiers, violents, sexistes, racistes… la plupart d’entre eux me dégoutent plus que fascine. Leur façon d’uriner face à Sarah pour marquer le territoire, de montrer leur ventre grassouillet en signe de richesse et bonne santé, de s’incruster dans les yourtes et gueuler comme des cinglés, de tenter coute que coute d’avoir une relation sexuelle… bref, pas très sympas les Mongols ! Heureusement que certaines rencontres valent la peine en terme d’humanité. Mis à part un portrait triste et gris des villes et villages mongols où à travers les lignes on peut ressentir un profond malaise tellement cette  pauvreté est présente, le reste est plutôt plaisant à lire. Paysages magnifiques, vastes étendues d’herbes, animaux sauvages, désert de Gobie à plus de 40° et sous les – 20°, tempêtes en tout genre… La nature est à 100% de ses capacités et la plume de Sarah, facile d’accès, nous transporte naturellement parmi cette hostilité parfois extraordinaire, parfois dangereuse à souhait.

 

 

Puis vient la Chine, qui malheureusement ne donne pas envie non plus d’y mettre les pieds (on parle bien en tant que femme blanche qui voyage en solitaire). Bien que les paysages aient l’air d’être surprenants, Sarah nous fait vivre son stress quotidien parmi les habitants du pays. Enfants, adultes, vieillards, tout le monde semble lui en vouloir…

 

Entre temps, plusieurs mésaventures lui arrivent, ce qui l’obligera à faire trois tentatives pour traverser le désert de Gobi. Je n’en dis pas plus pour ne pas spolier ce passage.

 

Nous entrons en Sibérie chez nos amis les Russes. De Irkutsk à Kyakhya, en longeant le lac Baïkal, y a de quoi faire ! Eh bien non. Déception totale. Le passage sur la Sibérie ne fait que dix pages. Elle nous dresse une toile écœurante des villes traversées ici (même si ce n’est un secret pour personne, les villes fantômes du communisme sont des cimetières à ciel ouvert en Sibérie) et très peu de descriptions sur le majestueux Baïkal ou bien sur une Sibérie profonde et mystérieuse. Dommage.

 

Pour le Laos, idem. Neuf pages et basta, on passe à la suite. Bien que ce passage soit court, il en reste néanmoins très intéressant et captivant (surtout sa traversée en canoë, sa maladie qu’elle attrape et le réveil brutal en pleine nuit pas une bande d’adolescents drogués).

 

La Thaïlande est résumée en neuf pages aussi. Mais l’humanité remonte d’un cran ici et la gentillesse des humains prend le dessus, laissant le mépris et la vulgarité des autres peuples précédemment croisés en un simple mauvais souvenir.

 

Et nous finissons en Australie pour environ soixante-dix pages. À partir de maintenant, tout change. Une faune plus sauvage, des humains plus sympas, un climat moins hostile. On ressent la chaleur, on peut sentir la flore autour de nous et c’est avec Sarah qu’on partage les derniers kilomètres, les jambes lourdes après trois ans d’effort, pour rejoindre son arbre.

 

 

 

 

Conclusion :

Un livre qui se lit vite et facilement, un livre très plaisant à lire malgré quelques défauts.

Premièrement : le passage sur la Mongolie est bien trop long par rapport aux autres pays traversés (à part l’Australie). Certaines étapes semblent avoir été bâclées au moment de l’écriture, ce qui nous laisse un goût d’inachevé.

Deuxièmement : pas assez d’explication sur sa raison de partir marcher durant trois ans pour retrouver un arbre. Pas assez d’explication sur la préparation d’un tel voyage. Quelques photos sont là pour nous faire vivre l’aventure en images, mais le contenu est assez pauvre et nous laisse sur notre faim.

Troisièmement : Trop de « blabla » inutile et personnel qui cassent le rythme de la lecture. Le tout agrémenté de phrases pseudo-scientifiques et philosophiques… On aurait aimé plus de détails sur sa préparation, plus de descriptions sur la Russie…

 

Le livre reste une bonne aventure à partager. Malheureusement, l’humain devient une nouvelle fois la créature à craindre dans ce genre d’expédition (mais ça, on le comprend assez vite si on est adepte de ce genre de livre) mais le reste du voyage en vaut la chandelle.
Et pour preuve, je viens de m’acheter « Instincts: Trois mois seule à pied, en survie dans l'Ouest sauvage australien », du même auteur.



Bonne lecture !

 


 

"L'histoire qui suit est mon histoire. Je la dédie à toutes les femmes de par le monde qui luttent encore pour leur liberté et pour celles qui l'ont obtenue mais qui ne l'utilisent pas.
Mettez vos chaussures. On part marcher."

Sarah Marquis - Sauvage par nature.

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