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Le journal d'un esprit libre

Le journal intime d'un arbre - Didier Van Cauwelaert

Le journal intime d'un arbre - Didier Van Cauwelaert

Derrière ce titre quelque peu étrange, je découvre un livre étonnamment rédigé et très rapide à lire. Bien que le concept de départ soit original, l’ouvrage manque de panache et bien d’autres idées auraient pu être mises à profit.

 

En bref : nous suivons l’histoire de Tristan, un arbre témoin d’innombrables scènes se déroulant à ses pieds jusqu’au jour où il s’effondre.
Mais lorsque Manon, la petite voisine qui avait tissé un lien avec ce poirier décide de découper à même le tronc un morceau de bois afin d’y sculpter une statuette, nous vivons à travers les yeux de Tristan et partons à la rencontre de plusieurs personnages à travers les années.

 

***

 

De l’arbre à la bûche, puis en l’état de petite statuette en bois, ce récit raconté à la première personne et permettant de vivre et de voir le monde à la place d’un arbre avait toutes les capacités d’être un excellent ouvrage.
Malheureusement, plusieurs points négatifs viennent ponctuer le livre et me donnent un sentiment d’insatisfaction.
Premièrement, le flou total au niveau de la date où se déroule l’aventure.  Quand l’auteur nous renvoie à des flashbacks durant la Seconde Guerre mondiale, nous essayons à partir de là de trouver un emplacement dans la courbe du temps, mais la tâche ne s’avère pas facile.
Deuxièmement, les scènes s’enchainent, les années passent, on perd le fil. La vie du personnage humain principal et des autres protagonistes défile à une vitesse folle et nous avons parfois l’impression que leur histoire ont été bâclé par manque de temps où d’imagination.
Troisièmement, des longueurs. Même si le passage entre le général Mercier et Dreyfus apporte un peu de rebondissements à l’histoire, nous nous éloignons du sujet principal.
Quatrièmement, un manque évident de petites histoires autour de cet arbre. Nous entrons dans la vie (trop) privée de certains personnages et nous oublions un peu les 250 années qui précèdent tout cela. 

 

Mais malgré ces quelques défauts, la lecture reste plaisante. Entre biologie et histoire, le récit nous invite presque à penser de façon écologique sans tomber dans une morale abusive. Tristan nous raconte son vécu, son présent et nous explique en quoi les arbres sont essentiels à nous, humains.
Parfois humoristiques, parfois dramatiques, divers sentiments s’entremêlent au fil des pages pour s’achever sur une note assez émouvante.

 


Quelques références sont citées à la fin du livre afin de nous aider à penser différemment sur ces êtres immobiles, mais dotés de surprenantes capacités.
Et nous ne pouvons que féliciter l’auteur pour son travail minutieux et ses recherches effectuées pour cet ouvrage.

 

 

Un arbre n'a d'autres sentiments que ceux qu'on lui confie. D'autres émotions que celles qu'il perçoit. D'autre angoisse que la prémonition des tempêtes, des incendies, de la sécheresse et des bûcherons. Mais cette angoisse-là, commune avec les animaux, n'a pas la même origine que la vôtre. Ce n'est pas la perte de nous-mêmes qui nous obsède, c'est la rupture d'une harmonie. L'arrêt des échanges avec les oiseaux, les insectes, les champignons, les jardiniers, les poètes; la fin des interactions qui nous lient au soleil, à la lune, au vent, à la pluie, aux lois qui gouvernent la formation d'un paysage-ce que vous avez appelé successivement la nature, l'environnement, l'écosystème.

Didier Van Cauwelaert

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