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Le journal d'un esprit libre

Qui part à la chasse... - Jérémy Bouquin

Qui part à la chasse... - Jérémy Bouquin

J'ai acheté ce livre durant une convention Steampunk qui avait lieu au Luxembourg, directement au stand de sa maison d'édition, les Éditions Luciférines.
Il fait partie d'un petit lot de trois livres que je me suis offert.

 

L'histoire en bref :
Maximilien Fortis est négociant en viande... humaine.
Son business, c'est de dénicher la meilleure viande humaine pour satisfaire des clients prêts à y mettre le prix.
Et lorsque l'un de ses clients lui demande une viande bio de premier choix, Maximilien se lance à la poursuite de ses prochaines proies, mais il se pourrait bien que pour une fois, il devienne l'arroseur arrosé...



Bien que l'histoire puisse paraitre simpliste (mais quand même assez originale), le récit, lui, est totalement barré, violent, loufoque, cruel, obscène et déstabilisant. Avec beaucoup d'humour noir et un style cash qui ne passe pas par quatre chemins pour mettre des images sur ses mots, j'ai dévoré (sans mauvais jeu de mots) les 171 pages de ce livre en quelques heures. De la première phrase jusqu'à la dernière, l'auteur a su mettre en pratique son art afin de vous scotcher aux pages pour vous noyer le cerveau de son imagination totalement dégénérée.
 

Dans un monde où le cannibalisme - pourtant prohibé - semble avoir une place parmi les classes "d'en haut", nous sommes plongés dans l'horreur du commerce de la viande et c'est avec un sourire malsain que l'on affronte la souffrance de ces hommes, femmes et enfants qui attendent leur tour pour finir en gigots, saucisses, ragout ou bien pâtés.
Certains passages sont d'une telle violence et froideur que l'on se sent obligé de réfléchir à ce que l'on vient de lire avant de continuer cette aventure sanglante.
Ici, les mots peuvent parfois choquer, mais cela reste dans le contexte. Maximilien est un homme malade évoluant dans une société malade, il est donc parfaitement judicieux et logique d'y employer un vocabulaire bref et intense.
Je ne sais pas si l'auteur possède certaines convictions en faveur des animaux, mais l'image qui nous est retransmise ici n'est rien d'autre que le reflet de l'horrible condition animale qui alimente nos régimes carnés.
 

De beaux rebondissements, un scénario logique et une fin... inattendue.
Une perle qui se lit vite et qui mérite sa place dans votre bibliothèque!
J'ai hâte de m'attaquer aux autres ouvrages de cette petite maison d'édition qui vient de m'offrir un beau moment de lecture :)

 



"Plusieurs des femelles ont les mains coupées. Elles ont les moignons protégés par d'énormes pansements.
Roger s'explique rapidement :
"Elles se cognent dessus pour manger. Elles se griffent, depuis quelque temps. J'ai décidé de leur couper les mains."
Il s'approche d'une nouvelle femelle, il lui prend le visage, lui ouvre de force la bouche. La mâchoire est vide.
"Je leur arrache aussi les dents, comme cela pas de problème !"
Efficace ce Roger ! "



"Imaginez, le doux goût sucré et fondant d'un foie d'adolescente sur son nid de purée crémeuse de pommes de terre nouvelles, un cervelet d'enfant vinaigrette assaisonné d'un poivre rare de Cayenne, un rôti Horlof d'un jogger, une rate au court-bouillon mariné, un poumon de nouveau-né braisé, un assortiment de tripes yougoslaves préparées dans du calvados...
J'en salive."

“Chaque fois que les cannibales sont sur le point de mourir de faim, Dieu, dans son infinie bonté, leur envoie un missionnaire bien grassouillet.”

Oscar Wilde

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