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Le journal d'un esprit libre

Paris Mystère - Jean-Marc Léri & Christophe Pascal

Paris Mystère - Jean-Marc Léri & Christophe Pascal

A propos des auteurs :

Jean-Marc Léri sort de l'École nationale des chartes en 1974, avec une thèse intitulée Les travaux de Paris (1830-1848). Recherches sur la politique d'urbanisme de la Ville de Paris sous la Monarchie de Juillet.
Conservateur de bibliothèques, il est d'abord nommé à la Bibliothèque historique de la ville de Paris (1975-1987) avant de prendre la direction des bibliothèques et archives des Musées de France (1988-1993).
Il est depuis 1993 directeur du musée Carnavalet, de la Crypte archéologique du parvis Notre-Dame et des catacombes de Paris.
Spécialiste de l'histoire de Paris, il est professeur à l'École du Louvre et membre de la Commission des travaux historiques de la ville de Paris depuis 1988. Il a été vice-président (1991-1997) puis président (1997-2001) de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France. Il est président de la Société de l'école des chartes depuis 2016.
 

Christophe Pascal vient de la communication. Il a écrit et réalisé plusieurs projets de livres et de films.

 

***

 

En tant qu'amoureux de Paris, je ne pouvais rester de marbre face à un titre si éloquent.
Depuis la quatrième de couverture, j'y découvre les différents sujets que le livre traite, le tout raconté par un expert en la matière qui a passé sa vie à décrypter l'Histoire de Paris.
Partons dans un voyage à travers le temps à la rencontre d'histoires mystérieuses, de mythes et de légendes.


L'ouvrage vient aborder six sujets que je vais tenter de résumer ci-dessous sans non plus trop en révéler.

 

  1. Nicolas Flamel et l'alchimie.
    Ce nom ne vous dit rien? Pourtant, il se peut que vous l'ayez déjà entendu. Si vous avez vu la saga Harry Potter, Nicolas Flamel y est cité. En effet, l'une de ses principales recherches était la pierre philosophale, cet incroyable objet aussi appelé le "grand œuvre", qui permettrait d'effectuer la transmutation des métaux, mais aussi d'agir comme élixir de vie.
    Une nuit, Nicolas Flamel reçut la visite d'un ange qui lui montra un livre orné de dessins mystérieux tout en lui disant : "Regarde bien ce livre. Tu n'y comprends rien, ni toi, ni bien d'autres ; mais tu y verras un jour ce que nul ne saurait voir."
    Et voilà que peu de temps après, en 1357, un inconnu aurait donné à Flamel un livre d'un soi-disant Abraham Le Juif délivrant les secrets de l'alchimie.
    Les clefs de l'interprétation du manuscrit lui aurait été fourni lors d'un voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle par un savant juif.
    C'est alors que le 17 janvier 1382, Nicolas Flamel aurait réussi à transformer une demi-livre de plomb en argent.

    La vie de Flamel fut durant longtemps contée de façon extraordinaire. Certains iront jusqu'à penser que sa compagne et lui-même eussent obtenu la vie éternelle.

     
    La tour Saint-Jacques, dans le IVe arrondissement, seul vestige de l'église Saint-Jacques-la-Boucherie, dédiée à Saint Jacques le Majeur (avec l'excellent "Café Livre" juste devant l'édifice :)



    Retour à la réalité, mais sans dénigrer le personnage, l'auteur nous en apprend sur les origine de Flamel, depuis son échoppe de copiste située près de l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie (ainsi nommée parce qu'elle était la paroisse de la Grande Boucherie de Paris, le plus grand marché de viande de la ville) jusqu'à son mariage avec Dame Peronnelle (déjà deux fois veuve et héritière de ses deux premiers époux).
    Nous découvrons, pages après pages, les mensonges que Nicolas Flamel mit en place sur sa prétendue fortune, les différentes rumeurs qui se propageaient sur son compte (par exemple l'hypothèse d'un lien entre lui et Rennes-le-Château), le tout dans un Paris en plein moyen-âge où la Peste noire fait des ravages, où les rues sont insalubres, bruyantes et dangereuses.


     
  2. Les secrets des Templiers.
    Ces chevaliers de l'ordre du Temple, né vers 1118 à Jérusalem, sont parmi les ordres de la chevalerie les plus célèbres mais aussi ceux qui après leur disparition ont donné lieu à la création de secrets et d'énigmes. "Guerriers du Christ", "moines-soldats", reconnaissables à leurs croix pattées rouges sur fond blanc, le mythe des Templiers perdurent encore aujourd'hui dans des livres comme le Da Vinci Code de Dan Brown.
    On prête aux Templiers d'avoir découvert, dans les vestiges du temple de Salomon à Jérusalem, non seulement l'Arche D'Alliance, contenant les Tables de la Loi qui selon la Bible furent données à Moïse sur le mont Sinaï, mais aussi des documents bien plus étranges, la preuve du mariage du Christ et de Marie-Madeleine qui auraient eu un fils.
    Leur richesse et leur puissance serait le fait d'avoir possédé le Saint-Graal, soit le calice dans lequel le Christ a bu lors de son dernier repas et a ensuite recueilli son sang.

    Ici, l'auteur tente de démêler le vrai du faux.
    Depuis les origines de l'ordre du Temple, lors de la première croisade en 1095, le pape Urbain II demande au peuple chrétien d'Occident de prendre les armes pour défendre les pèlerins et les chrétiens d'Orient qui sont souvent victimes d'exactions et même d'assassinats.
    Alors une milice d'hommes d'armes est mise en place par Godefroi de Bouillon.
    Vingt ans plus tard, l'idée de créer une Milice du Christ finit par naitre, et le 23 janvier 1120, le nom d'ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon voit le jour.
    Des objectifs sont mis en place par Hugues de Payns :
    - Faire reconnaitre la milice par l’Église.
    - Recueillir des dons pour aider à la survie des chevaliers et recruter de nouveaux volontaires.
    - Donner une légitimité à ces moines-guerriers, fonction en totale contradiction avec les règles de l’Église et les fondements mêmes de la société médiévale, où l'on ne peut pas être à la fois homme de prière et homme de guerre.
    Ce troisième point vient poser problème. Comment justifier qu'un homme de prière tue un autre homme?
    "La mort qu'il donne (un chevalier du Christ) sert le profit de Jésus et celle qu'il reçoit, le sien propre."
    Le concept de "guerre juste" est créé.
    "La victoire ne saurait être bonne, quand la cause de la guerre ne l'est point et que l'intention de ceux qui la font n'est pas droite."
    Malgré ce malaise qui collera à la peau des Templier (car la société du Moyen Âge s'appuie sur trois classes parfaitement distinctes et indissolublement solidaire : ceux qui prient (oratores), ceux qui font la guerre (bellatores) et ceux qui travaillent (laboratores), l'ordre du Temple fut quand même créé.

    Les heures de gloire puis vint ensuite la chute de l'ordre du Temple.
    Perte de leur dernier bastion à Saint-Jean-d'Acre, repris par les musulmans après un siège sanglant en mai 1291, les chrétiens sont alors obligés de quitter la Terre sainte. L'ordre n'a désormais plus de raison d'être.
    On accuse les Templiers de vivre une vie pervertie par la richesse (une richesse que Philippe le Bel s'entêtera de chercher - le trésor des Templiers - persécutant ces chevaliers du Christ.
    Blasphèmes à outrance, luxure, pratiques d'hérésie, sodomie, les Templiers sont vus d'un mauvais œil. Arrêtés le vendredi 13 octobre 1307, leur trésor reversé dans les caisses royales, les Templiers seront jugés (un petit nombre seulement) et c'est sous la torture qu'un grand nombre d'aveux sortiront de la bouche de Jacques de Molay - qui fut le dernier grand maître des Templiers. Il fut brûlé le 18 mars 1314 sur l'île aux Juifs.
     
    Jacques de Molay : " Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamnée à tort : Dieu vengera notre mort."

    Depuis les rues de Paris, en passant par les routes de Jérusalem, remontant jusqu'en Écosse, un sujet passionnant sur l’Ordre le plus célèbre de notre histoire.
    En attendant d'avoir ce livre, pour en apprendre plus sur le sujet, l'auteur nous suggère de lire l'article de Wikipédia traitant du sujet de l'Ordre du Temple : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_du_Temple

     
  3. Poisons et messes noires.
    Nous abordons un sujet que je connaissais pas du tout. Certes, quelques noms m'étaient singuliers (la marquise de Sévigné par exemple), mais cette passionnante histoire a ouvert ma curiosité et je m'empresse dès à présent d'en lire d'avantage sur cet épisode sombre qui terrorisa la ville de Paris.

    Durant les plus glorieuses années de règne de Louis XIV, notre capitale va vivre l'une de ses histoires les plus sinistres.
    "Depuis la fin du XVIe siècle, une cour des miracles se crée dans Paris. Une faune bigarrée et hétéroclite, composée de charlatans, d'empoisonneurs, de marchands de filtres d'amour, de diseuses de bonne aventure, de chercheurs de trésors, de faux abbés, dialogue et commerce des personnalités de la haute société parisienne, des notables et des gens de la Cour."
    Messes noires, invocation de Satan, sacrifices de bébés... au centre de ce délire funèbre, on retrouve de grandes personnalités : la comtesse de Soissons, la duchesse de Bouillon, le maréchal de Luxembourg, Racine...
    Louis XIV donne la charge de l'enquête au lieutenant général de police, La Reynie.
    Au centre de l'affaire : Marie Madeleine d'Aubray, dite marquise de Brinvilliers.
    Grande serial killeuses de l'époque, elle empoisonne son mari, ses propres frères et tente d'empoisonner sa sœur et sa fille.

     
    L'execution de la marquise de Brinvilliers.


    L'enquête mènera la police en plein milieu d'une affaire sordide. Depuis les poisons, ils tomberont sur un cercle d'adorateurs de messes noires et de complots visant à tuer le roi.
    Une autre tueuse sera arrêtée, il s'agit de Catherine Deshayes, épouse Montvoisin, dite "la Voisin". Elle périra sur le bucher le 22 février 1680, place de Grève.


    Paris recèle bien des mystères, et cette histoire ferait une parfaite intrigue cinématographique. Sous fond de complotisme et de satanisme, le tout lié aux gens "d'en haut", l'histoire des Poisons et messes noires nous offre un voyage dans une capitale qui, sous le règne d'un roi protecteur et bienveillant, tombe peu à peu dans une folie qui, je cite : "Une épidémie de peste se serait abattue sur le royaume qu'elle n'aurait pas provoqué plus grands ravages sur les esprits.".

     
  4. Paris POST MORTEM
    Laissons les vivants de côté et partons du côté des morts.
    "Paris est le royaume des morts".
    Ce n'est pas pour rien que l'une des fresques les plus étranges se trouve à Paris : La Danse macabre, peinte entre 1424 et 1425 sur les murs d'un des charniers du cimetière des Innocents.

    Ici, nous nous baladons dans un Paris macabre, où les morts, trop nombreux, vont chambouler le paysage urbain.
    Depuis les simples cimetières qui, la nuit, sont le théâtre de spectacles étranges, jusqu'à la construction des fameuses catacombes, nous découvrons un monde caché et surprenant, rempli de mythes et légendes dont la visite s'impose pour une prochaine balade dans la capitale.
     
    Une des dix-sept gravures sur bois de la Danse macabre du cloître des Saints-Innocents à Paris.

     
  5. Allan Kardec et le spiritisme.
    Nous voilà propulsé en plein XIXe siècle.
    Une époque où la science évolue.
    Une époque où les charlatans profitent de l'argent et de la crédulité des gens pour s'enrichir.
    Les premiers grands magiciens voient le jour, et derrière leurs secrets et tours de passe-passe, quelques médiums commencent à se faire connaitre.
    Parmi eux, les sœurs Margaret et Kate Fox de l'autre côté de l'atlantique, qui, en 1848, affirmèrent être entrées en contact avec un esprit. Leur renommée traversera rapidement l'océan et leur spiritualisme deviendra le spiritisme avec Kardec.

    "Allan Kardec, pédagogue, Il est un grand positiviste et c'est en cette capacité de pédagogue positiviste qu'il est sollicité pour superviser des séances de tables tournantes. On lui demande aussi de mettre de l'ordre dans les communications reçues des esprits lors de séances. Ce travail donnera naissance au Livre des Esprits.

    Il découvre les tables tournantes (pratique venue des États-Unis) en mai 1855, le magnétiseur Fortier réussissant enfin à l'amener chez sa somnambule. Il trouve dès lors sa place dans les cercles spirites parisiens, aux côtés de Victorien Sardou. C'est à cette époque qu'il prend son surnom d'Allan Kardec, nom qu'il pense correspondre à celui qu'il portait lors d'une vie antérieure, alors qu'il était druide. Ce pseudonyme lui permet en outre de continuer à écrire ses ouvrages de pédagogie sous son vrai nom, gage de sérieux. Il est convaincu de converser pendant plusieurs années, par le biais de différents médiums, avec toutes sortes d'esprits ; et en tire un enseignement. L'essentiel de celui-ci est rapporté par écrit dans Le Livre des Esprits (1857) et Le Livre des médiums (1861). Kardec produit ainsi les cinq livres fondamentaux du spiritisme, continuellement réédités jusqu'à nos jours. Il fonde également La Revue spirite, magazine encore publié aujourd'hui, dans plusieurs langues.

    Selon Kardec :

    « L'homme n'est pas seulement composé de matière, il y a en lui un principe pensant relié au corps physique qu'il quitte, comme on quitte un vêtement usagé, lorsque son incarnation présente est achevée. Une fois désincarnés, les morts peuvent communiquer avec les vivants, soit directement, soit par l'intermédiaire de médiums de manière visible ou invisible (Le Livre des Esprits) »



    Simple charlatan ou bien médium aux pouvoirs extralucides?

    Allan Kardec devient très populaire. Si populaire que ses idées se propagent un peu partout dans le monde, tout particulièrement au Brésil.
    Il a réussi à transformer cet "art divinatoire" en véritable science, si bien que de nombreuses personnalités, même issues de la branche scientifique, se sont prit d'intérêt pour ses travaux et le spiritisme en général.

    Sa tombe repose aujourd'hui au cimetière du Père-Lachaise, et nombreux sont ses adorateurs qui viennent encore lui rendre visite.


     

    La tombe d'Allan Kardec, au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

     


     
  6. Le Fantôme de l'Opéra.
    Quel est le point commun entre ce célèbre livre et les mystères de Paris?
    S'il y a bien un livre qui a engendré un grand nombre de mythes et rumeurs, c'est bien Le Fantôme de l'Opéra.
    Écrit par Gaston Leroux et publié en 1910, cet ouvrage raconte l'histoire du fantôme, Erik, être au visage hideux qui hante l'Opéra. Passionnément épris de la jeune Christine, chanteuse orpheline recueillie par la femme de son professeur de chant, il l'enlève et l'emprisonne dans son repaire des sombres profondeurs, royaume souterrain dans lequel il s'est réfugié pour y composer une œuvre lyrique.


    Pour le moment, rien de bien mystérieux. Il s'agit d'une fiction romantique digne du début du siècle dernier.
    Mais l'auteur, Gaston Leroux s'est largement inspiré de faits réels - en les déformant quelque peu - et avec son talent de reporter, il a su décrire avec grand soin cet opéra qui n'est d'autre que l'Opéra Garnier, œuvre titanesque construite par Charles Garnier et inauguré en 1875.

    Depuis l'incendie, en passant par les sous-sols de l'Opéra (et sa mystérieuse rivière) jusqu'à la chute du lustre, les malheurs que le fantôme fait subir aux spectateurs ne sont que divers évènements réels, romancés de sorte à faire avancer l'histoire et l'intrigue. 

    Chose incroyable, la pièce de théâtre The Phantom of the Opera, créée en 1986 et qui n'avait jamais été joué à Paris devait avoir lieu le 25 septembre 2016 au théâtre Mogador. Mais un incendie empêcha sa représentation... de quoi semer le doute sur la malédiction qui hante cet œuvre.

     




    Depuis la construction du théâtre Garnier, jusqu'aux mythes les plus étranges liés à ce somptueux bâtiment, ce chapitre vient clôturer un excellent livre, sorte de bureau des curiosités version papier.
    Pour les passionnées d'histoires, pour les amoureux de Paris, pour les fans d'aventures mystérieuses, voici un ouvrage a posséder impérativement.

    Rien de compliqué, rien de barbant. Des illustrations de qualité, des anecdotes, le tout sous la plume experte d'un auteur plus que passionné par son sujet.

    Bref, un excellent ouvrage qui mérite sa place dans votre bibliothèque.

     

 

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