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Le journal d'un esprit libre

Effets indésirables - Larry Fondation

Effets indésirables - Larry Fondation

Résumé :
Piliers de bars, prostituées, receleurs, clochards, arnaqueurs en tout genre ou même monsieur tout-le-monde… tels sont les personnages qui jalonnent le récit nerveux de Larry Fondation, assemblage de vignettes, d’éclats de voix, de bribes d’action, d’inventaires aberrants ou de nouvelles laconiques. Dans une Los Angeles hallucinée, vue au ras du sol, tout semble régi par une violence brute, épidermique, désinvolte ; chaque situation, même la plus banale, peut basculer vers l’irrémédiable.

 

"J'avais vraiment envie de tuer quelqu'un, mais je ne voulais pas faire de taule. Il a fallu que j'élabore un plan. Ça devait être de la légitime défense. J'ai réfléchi à mes options. [...]
Un soir où je me promenais pas loin de Sunset, près d'Echo Park, j'ai entrevu un début de réponse. Une école d'arts martiaux.
-Vous apprenez comment tuer quelqu'un à mains nues ? j'ai demandé.
-Oui, m'a assuré le professeur. Mais surtout, on vous apprend comment ne pas avoir à le faire.
-Bien entendu, j'ai répondu.
J'ai su que c'était le bon endroit. "

 

C'est en cherchant des livres dans la lignée de Daniel Ray Pollock et de Jim Thompson que je fus dirigé en direction de Larry Fondation.
Et je découvre l'auteur avec cet étrange livre, Effets Indésirables.

Il s'agit ici d'un recueil de très courtes histoires sur la classe moyenne américaine et sur la ville de Los Angeles.
Mais oubliez les beaux quartiers et le monde du showbiz. Ici, les protagonistes n'ont pas de chance, sont pauvres, malades, alcooliques, drogués, rongés par la violence et le vice.
Bref, comme le dit si bien Christine Ferniot de Télérama : Une œuvre d'une poésie noire sur une ville décomposée.".

Nous sommes les spectateurs de plusieurs scènes de vie ou de mort, et nous contemplons cette déchéance qui s'abat sur les hommes et femmes d'un Los Angeles loin de l'image traditionnelle que nous avons l'habitude de survoler dans la littérature.

Certaines histoires sont intéressantes, d'autres dénuées de sens et illogiques. Certaines sont loufoques à souhaits, d'autres nauséabondes.
Et tout l’intérêt du livre est là : nous visionnons l'abject quotidien de ces êtres abandonnés par leurs anges gardiens.
Certes, c'est brutal et il est très difficile d'y trouver une once de bonheur entre ces lignes.
Mais en ouvrant un tel ouvrage, on s'y attendait.

 

Un livre noir comme je les aime.
Un livre qui nous plonge dans l'amer et plausible réalité des bas-fond du rêve américain.

 

"Là, elle veut du crack ; moi, je veux me faire sucer. Y a rien d'autre qui compte. Je n'ai jamais vu cette femme avant aujourd'hui, mais elle s'accroupit devant moi et je sors ma queue et je la lui fourre dans la bouche et son fils de deux ans est debout derrière elle et il lui tire les cheveux en répétant "Maman" sans arrêt, et son appartement est dégueulasse, et je n'arrive pas à bander, mais pas à cause du môme ni de la crasse, et quand je retire ma bite de sa bouche, je lui colle la pipe de crack entre les lèvres, elle me regarde et sourit en saisissant la pipe à pleines mains, et ses mains sont la plus belle chose qu'il y ait dans cette pièce, ses ongles sont sales, mais longs et élégants en dépit de tout [...]."

 

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