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Le journal d'un esprit libre

Le Boss de Boulogne - Johann Zarca

Le Boss de Boulogne - Johann Zarca

Résumé:
« Les potos voulaient fêter ma sortie de placard à la Loco, la boite à banlieusards de Pigalle. Simplement, débouler à sept paires de couilles sapées comme des scarlas, c'était sur qu'on allait se faire refouler comme des trimards. Résultat, on pointe tous au Bois de Boubou. Perso çà m'arrange, j'étais plus sauce par une mission underground que par une session gue?nave avec des michetonneuses de quinze piges.

Quand j'ai proposé de bouger au Bois, j'ai pensé que les soces se démotiveraient. Mais nan, ce soir, c'est ma rapta.

Le seul truc qui leur a cassé les yeucs, ce sont les barrettes qu'on trimballait sur nous. Mais comme j?ai dit : on débarque au Bois, on planque le matos, on bicrave quelques morceaux et on tise tranquille. Les potos me font confiance depuis le bahut, ils savent qui est le boss et qui prend les initiatives. Je n'ai pas l'habitude de proposer des plans foireux, les srabs me connaissent, on a tous pousse dans le meme tieèque. »

Ainsi commencent les confessions du Boss, dealer officiel des prostitués(es) transsexuel(le)s, des michetons et vagabonds du Bois de Boulogne et des environs.

À la tête du BDB-crew, une équipe organisée, constituée entre autres de Youssouf et Vamp ses fidèles lieutenants, Souleymane et Makita les mecs hardcore, Miki et Ahmé les jeunes guetteurs, le Boss
s'impose comme le maître des lieux, pulvérise ses concurrents, s'éloigne de Smoke l'ancien grossiste du quartier et nargue Philippe, le condé.

Le business fait florès jusqu'au jour où Paola, un trans brésilien, véritable star du Bois, se fait assassiner. La police quadrille alors tout le secteur. Mauvais pour les affaires. D'autant que ce meurtre n'est que le premier d'une longue série.

 

***

 

La rabla tourne au bois d'Boubou
Et le crew BDB casse des chebous
Ensemble on bicrave, on bédave, on pillave
Pendant qu'ton daron Reine-Margot se fait bouillave
Qui qu'tu sois : clasher, dealer, Karlouche, Manouche ou dicsa
Pute, mac, tox, trav, trans, skin ou scarla
Teste pas le BDB
Bande de barbares, barbares de Boulogne
Bicraveurs de bédo du bois d'Boulogne.

 

***

 

J'ai découvert Johann Zarca avec son terrible livre Paname Underground qui m'avait littéralement scotché.
Difficilement trouvable dans le commerce (ici au Luxembourg ou proche), j'ai alors commandé via une librairie son ouvrage Le Boss de Boulogne datant de 2014.

Et attention les amis, c'est du lourd.

Âmes sensibles, amoureux de la prose et allergiques aux injures, passez votre chemin!
Nous entrons dans les terres du bois de Boulogne où la drogue, le sexe et la violence sont rois.


Une histoire banale : Une bande de voyous décide de faire du bois de Boulogne leur terrain d'affaire. Mais lorsque l'une des transsexuelles du coin vient à se faire tuer, c'est leur business qui risque de s'écrouler. 
Il faut mener l'enquête.
Mais le territoire est dangereux : flics et ennemis en tout genre sont là pour leur mettre des bâtons dans les roues.


Et tout comme Paname Underground, durant la lecture, on en vient à se demander si tout ceci n'est que fiction ou bien réalité.
Les lieux sont parfaitement bien décrits, les personnages semblent réellement exister et le style employé nous plonge aux côtés de ces délinquants désabusés par les évènements.


 

***

 

Il existe une phrase de chez nous qui dit : "Ici, si tu t'embrouilles avec une pute, tu t'embrouilles avec tout le bois de Boulogne."

 

 

***

 

C'est hard, c'est cru et violent, vulgaire et parfois incompréhensible pour celui ou celle qui n'est pas un adepte de l'argot made in Paris.
Mais c'est cette façon de s'exprimer qui rend le récit encore plus immersif. Les moins téméraires pourraient être découragés par une telle lecture, ce qui peut se comprendre car il est bien difficile de trouver une seule phrase sans un mot en verlan, ou bien dans une langue méconnue des non-initiés ;)

On avale les pages comme on sniff un rail de coke, et l'effet procuré est le même.
Un vrai livre coup de poing, dans la lignée du film Doberman.
L'auteur s'amuse de sa plume tapageuse à nous faire vivre un voyage repoussant dans les méandre de la délinquance.
Le tout ponctué par une fin des plus mémorables.

Préparez votre dictionnaire et plongez dans dans ce bordel littéraire jonché de scènes d'une violence abjecte et captivante, de sexe dérangeant et de personnages au bord d'une folie destructrice.

Et n'oubliez pas : ceci n'est que de la fiction... ou pas.

 

Note : 8/10

 

 

"Plus les semaines passent et plus le bois de boubou me fait psychoter. Je me barrerais bien au loin, en vacances, maintenant que je palpe masse de zeillo et que le biz tourne grave. Je devrais profiter plus de mes lovés. Nan, au lieu de ça, je n'ai quasiment pas loupé une nuit ici depuis que j'ai monté mon affaire. Je ne peux pas expliquer mon délire, c'est comme si je m'enlisais dans une matrice de schizo garnie d'un étrange humus et de dépravation en tout genre. Comme si le coeur nocture du Bois me répugnait autant qu'il me fascine. Je me laisse peu à peu parasiter par ses infections et sa variété de luxure."

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