Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le journal d'un esprit libre

Métaphysique de la viande - Christophe Siébert

Métaphysique de la viande - Christophe Siébert

Quatrième de couverture:

Métaphysique de la viande reprend un seul volume deux romans cultes.
Nuit noire retrace l'histoire d'un tueur en série de son enfance à sa mort. Le narrateur y expose sans aucune censure ses fantasmes et sa conception du monde. Alors que la littérature et le cinéma présentent les tueurs en série comme des incarnations sexy et flamboyantes du Mal, Nuit noire montre ce qu'ils sont : des imbéciles dangereux et sans gloire.
Polar de gare nerveux et violent, influencé par Lovecraft, Dick et Manchette, Paranoïa est soit le récit d'une fin du monde, soit le délire de personnages qui pensent découvrir un complot, soit encore du tourisme dans un univers malade. Écriture sous contrainte formelle ou au contraire fondée sur un rythme punk, les deux livres témoignent d'une maîtrise poétique et formelle exigeante et pleine de sens qui, à travers l'exploration des corps, s'attaque à tous les tabous, s'attache à examiner en pleine lumière les horreurs et déjections sociales.
Grand-huit pour adulte, Métaphysique de la viande embarque le lecteur dans un tour de manège aux sensations extrêmes dont il ressort complètement lessivé.

 

***

 

"Je l'ai torturé pendant une semaine. D'abord je lui ai montré les restes de ma grand-mère. Un à un j'ai vidé les sacs et déballé les morceaux. Elle voulait hurler mais le scotch l'en empêchait. Elle s'est pissé et chié dessus. Je lui ai expliqué que c'était ça qui l’attendait et que son unique chance de retarder cet événement était de me donner du plaisir et de me distraire. Le désespoir que je lisais dans ses yeux me donnait envie d'elle."

 

***

 

J'ai acheté ce livre durant le salon Livre Paris 2019. Je me souviens avoir discuté avec l'une des vendeuses du stand de la maison d’édition Au Diable Vauvert. Celle-ci m’avait prévenu sur l’achat que je m’apprêtais à effectuer : attention, c'est violent!
Tant mieux, c'est ce que je recherchais, et au vu de la jaquette, je ne m’attendais pas un conte pour enfants. Après avoir rencontré l'auteur du livre, Christophe Siébert, je suis reparti avec ma nouvelle acquisition sous le bras - dans le sac dos en fait.

Il s'agit d'un livre comprenant deux histoires :
- Nuit Noire
- Paranoïa

Les deux histoires sont totalement indépendantes l'une de l'autre et n´ont aucun lien, si ce n'est qu'elles sont d'une violence inouïe.

NUIT NOIRE :
Ici, nous suivons l'histoire d'un tueur en série et nous voyageons à travers son intimité baignée de noirceur et de folie.
Adepte des livres traitant sur la psycho-criminalité (chacun son trip, hein?), j'ai eu l'impression de lire le journal personnel d'un psychopathe. Nous sommes très très loin du serial killer habituel que l'on à l'habitude de croiser dans les films, séries ou bien dans la littérature. Celui qui sévit dans cet ouvrage n'est en rien plaisant ou bien intelligent. Il est seulement guidé par ses démons et possède une volonté de nuire hors du commun.

Bien que l’on pourrait penser qu'il ne s’agit là que d’un enchevêtrement de scènes gores et gratuites, il n'en est pas ainsi. Certes, c'est violent, dérageant, choquant et presque insupportable. Ce récit nous plonge dans une telle perversité et perfidie que l'on pourrait douter sur l'état mental de son auteur. Et c'est à ce moment que le génie opère! Donner à des lecteurs de telles pensées prouvent le talent de celui qui a osé écrire ça sur papier.
Une retranscription si atroce et si cruelle de la réalité du terrain (car la réalité dépasse largement la fiction. Vous ne me croyez pas? Lisez donc Le livre noir des serial killers de Stéphane Bourguoin) ne peut laisser de marbre celui qui s'aventure dans cette lecture.

Un véritable voyage dans les méandres de la folie humaine.

J'adore.


Paranoïa :
Véritable OVNI littéraire, ce récit ultra violent et étrange nous emporte dans un monde à la frontière entre Lovecraft et Cronenberg.
Personnages décalés frisant avec la folie, situations burlesques, ambiance poisseuse et glauque à souhaits, nous sommes happés par la continuité de l´histoire entre dégout et fascination.
Tandis que certains protagonistes s’efforcent d'enquêter sur ce vaste complot de remplacement du monde du vivant par des robots, d'autre s'enfoncent dans des délires zoophiles et scatophiles, le tout noyé dans une atmosphère des plus dérangeantes.

 

"L'homme baisa la peau, les bubons, le pus, frotta ses lèvres et sa langue, lécha ; la respiration du monstre s'intensifia. Népès colla aux yeux gros comme des télés sa bouche ouverte, la noyant dans l'humeur gélatineuse, laissant des empreintes qui se résorbaient avec lenteur.
[...]
De la pointe extrême de sa langue, le crapaud géant caressa les couilles et les fesses de Népès qui à quatre pattes haletait, clignait ses yeux, se pourléchait. Son visage rouge et en sueur exprimait un grand désordre, ses mains grattaient convulsivement le sol à la manière d'un chat, des gouttes claires suintaient de sa queue prête à exploser. Le monstre darda sa langue vers l'anus. Népès se cambra et porta ses mains à son cul, ce qui le bascula en avant pour se prosterner. Il écarte les fesses et offrit le trou malpropre ; la pointe de sa langue s’enfonça de quelques centimètres. Ça ébranla vivement Népès. Il gueula, son gland congestionné expulsa du sperme. Il se crispa, bloqua sa respiration, retint l'éjaculation. Il était tout rouge, des veines battaient à ses tempes. La queue désenfla un peu."

 

Deux histoires incroyablement violentes, mais dotées d'une plume talentueuse.
L'une est d'un réalisme morbide saisissant, tandis que l'autre vient caresser du bout de ses doigts difformes une folie rarement retranscrite, le tout sur un air de fin du monde où la dégénérescence semble s'être emparé du vivant.

Pour les amateurs. Les âmes sensibles, passez votre chemin ;)

La veille des vacances j'ai découpé ma grand-mère en morceaux de la même manière que j'avais procédé quelques temps plus tôt pour les vieux. J'ai emballé les morceaux dans des journaux et les ai enfermés dans des valises et des sacs. J'ai gardé sa tête pour continuer à me soulager sexuellement et son dentier comme trophée. Cette nuit-là je n'ai pas pu dormir.

Christophe Siébert

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article