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Le journal d'un esprit libre

Mullerthal Trail II - Luxembourg

Mullerthal Trail II - Luxembourg

Lundi 22/07/2019

"Tu fais quoi lundi prochain?
J'ai rien de prévu, pourquoi?
Ça te dit une randonnée dans le Mullerthal?
J'suis chaud!"

Une semaine plus tard, Rémi et moi-même sommes en route en direction d'Echternach, ville luxembourgeoise située à quelques kilomètres de la frontière allemande dans le nord du pays. Connue pour son abbaye et sa procession dansante de la Pentecôte, cette ville est aussi le point de départ du Mullerthal Trail Route 2. 

GPS dans les mains, sac sur le dos, chapeaux sur nos têtes : nous voilà partis pour deux jours de randonnée à travers la région du Mullerthal, appelée aussi la petite Suisse luxembourgeoise.

Centre ville d'Echternach.

Centre ville d'Echternach.

Tout le long du trajet, des panneaux nous indiqueront le chemin à suivre.

Tout le long du trajet, des panneaux nous indiqueront le chemin à suivre.

Après l'effort, le réconfort : ici, une belle vue sur la ville d'Echternach.

Après l'effort, le réconfort : ici, une belle vue sur la ville d'Echternach.

Nous sommes accueillis par une belle côte qui sous le soleil de midi (environ 32°) nous fera bien transpirer. Nous grimpons à travers un petit quartier puis traversons quelques champs sur un chemin jonché de pavés.
Quinze minutes plus tard, nous atteignons la forêt.
De l'ombre, enfin! Avant de nous enfoncer dans les bois, nous admirons la vue qui s'offre à nous.

Une fois sous les arbres, la température diminue quelque peu et nous suivons le sentier pour arriver dans un renfoncement spectaculaire.
Ici, nous devons passer entre deux énormes roches par un petit escalier. Il doit faire environ 10° de moins et l'humidité présente nous fait un bien fou.
Nous grimpons sur les rochers à l'aide d'un petit escalier. Plusieurs petits ponts y ont été installés pour permettre l'accès d'un bloc à un autre.

 

On monte, on descend...

On monte, on descend...

La température baisse fortement une fois qu'on s'engage entre les roches.

La température baisse fortement une fois qu'on s'engage entre les roches.

L'un des nombreux ponts que l'on rencontrera durant notre marche.

L'un des nombreux ponts que l'on rencontrera durant notre marche.

Nous marchons ensuite durant une bonne heure sur un sentier balisé. Nous y croisons quelques groupes de randonneurs ainsi que des familles.
Ici, nous longeons un petit ruisseau, l'Aesbech qui est malheureusement à sec. Plusieurs ponts et passages ont été mis à disposition afin de passer par-dessus. Nous sommes étonnés à quel point tout est si bien entretenu.
Nous arrivons devant la formation rocheuse "Huel Lee/Hohllay", imposante et impressionnante caverne de plus de 2000 ans ayant servi aux Romains comme carrière de grès.
Face à celle-ci se trouve amphithéâtre "Breechkaul" qui fut aménagé en 1979 dans un antre creusé au Moyen-Âge pour l’extraction et la confection de meules.

Nous sortons de la forêt, traversons des champs où règne une chaleur incroyable et nous nous arrêtons à Berdof pour une petite pause gourmande avec une glace.

Un pont. Dommage que la rivière soit à sec.

Un pont. Dommage que la rivière soit à sec.

Le chemin de randonnée est très bien entretenu.

Le chemin de randonnée est très bien entretenu.

Remi dans sa démarche la plus naturelle ;)

Remi dans sa démarche la plus naturelle ;)

La formation rocheuse "Huel Lee/Hohllay".

La formation rocheuse "Huel Lee/Hohllay".

Ici, la fraicheur nous fait un bien fou.

Ici, la fraicheur nous fait un bien fou.

La température atteint les 35°.

La température atteint les 35°.

Nous arrivons à Berdof après deux heures de marche.

Nous arrivons à Berdof après deux heures de marche.

Petite pause glacée.

Petite pause glacée.

Cette courte pause nous fait du bien. Nous repartons en quête d'aventures.
Une fois Berdof quitté, nous nous enfonçons de nouveau dans la forêt. Nous arrivons sur une route fraichement goudronnée et interdite à la circulation. Devant se dressent d'énormes rochers ainsi qu'un escalier menant à un drapeau Luxembourgeois.
Nous faisons le tour des environs, puis nous suivons le chemin qui nous fait passer à travers la roche. La température chute, l'obscurité nous envahit et surtout, les couloirs sont si étroits qu'il nous est impossibles d'avancer de face. Nous devons porter nos sacs à la main et nous mettre de côté pour avancer.
Un endroit tout à fait incroyable!

Fraichement renouvelée, la route est fermée la circulation.

Fraichement renouvelée, la route est fermée la circulation.

Le drapeau Luxembourgeois depuis son rocher.

Le drapeau Luxembourgeois depuis son rocher.

En haut de ces marches, il va falloir mettre de côté sa claustrophobie.

En haut de ces marches, il va falloir mettre de côté sa claustrophobie.

Des indications nous préviennent. Ici, le couloir sera large de 30 cm.

Des indications nous préviennent. Ici, le couloir sera large de 30 cm.

Nous nous enfonçons peu à peu dans la roche.

Nous nous enfonçons peu à peu dans la roche.

Remi qui se lance dans les entrailles de la Terre...

Remi qui se lance dans les entrailles de la Terre...

... Et qui doit placer son sac devant lui pour espérer évoluer dans le passage.

... Et qui doit placer son sac devant lui pour espérer évoluer dans le passage.

Nous marchons deux bonnes à travers la forêt, puis nous arrivons devant un petit étendoir en bois sur lequel reposent plusieurs bâtons de marche taillé dans des branches. De tailles différentes, ils sont posés devant une petite pancarte annonçant que leur prix est de 3 euros. À côté, un petit pot pour y glisser la monnaie.
Je décide d'en prendre un.
Je paye mon dû puis nous repartons.
Nos pieds commencent sérieusement à faire mal, et le poids du sac à dos nous lance différentes douleurs dans les épaules.
Enfin, nous arrivons au village de Mullerthal.
Nous nous reposons une vingtaine de minutes au bord de l'Ernz Noire, rivière qui afflue en rive droit de la Sûre.
Nous nous rafraichissons dans l'eau et profitons pleinement du moment présent.
Après quoi nous repartons dans la forêt à la recherche d'un endroit isolé pour bivouaquer. Avant de quitter cet endroit, nous passons devant la fameuse Schiessentümpel , petite cascade pittoresque situé sous un magnifique pont de pierres.

Ouf, sans ce trou, nous aurions été bloqués!

Ouf, sans ce trou, nous aurions été bloqués!

Trois euros le bâton de marche.

Trois euros le bâton de marche.

Et me voilà possesseur d'un bâton de marche unique :)

Et me voilà possesseur d'un bâton de marche unique :)

Nous arrivons au village de Mullerthal.

Nous arrivons au village de Mullerthal.

Moment de détente au bord de l'eau.

Moment de détente au bord de l'eau.

Malgré la chaleur de la journée, l'eau reste froide... très froide.

Malgré la chaleur de la journée, l'eau reste froide... très froide.

La Schiessentümpel, cascade smythique du Mullerthal.

La Schiessentümpel, cascade smythique du Mullerthal.

Sous un autre angle.

Sous un autre angle.

Nous marchons encore une vingtaine de minutes depuis la cascade et nous nous enfonçons dans la forêt. Nous trouvons un coin dégagé, sorte de petite plaine entourée d'arbres. Nous décidons de rester ici.
Nous posons nos sacs, installons nos hamacs et là, nous subissons une attaque de fourmis et de moustiques.
Pour les moustiques, nous nous badigeonnons de répulsif et pour les fourmis, nous fabriquons à base de bois et de ficelle un petit meuble afin de suspendre les sacs pour éviter qu'ils soient envahis d'insectes.
Pour le diner : pâtes lyophilisées.
Sous les arbres, l'obscurité tombe rapidement.
Un peu de lecture, et dodo.
Mais n'ayant pas de sac de couchage sur moi et même si la journée était très chaude, la fraicheur de la nuit rendra celle-ci difficile...
A vouloir faire le malin, tant pis pour moi. Rémi, lui, n'a aucune soucis pour dormir.
Veinard.

Bilan de la journée : 22 km.

Les hamacs sont installés.

Les hamacs sont installés.

A causes des fourmis, nous mettons tout en hauteur.

A causes des fourmis, nous mettons tout en hauteur.

Meuble et séchoir improvisés.

Meuble et séchoir improvisés.

Mardi 23/07/2019

Durant la nuit, plusieurs aboiements m'ont fait sursauter dans mon hamac.
Rémi est réveillé lui aussi. S'engage alors une conversation :
"Mec, y a des chiens dans la forêt, lui dis-je.
Qu'est-ce qu'ils font là ces chiens? me répond-il.
Tu penses que c'est des chiens errants?"
Entendre des aboiements en pleine nuit au beau milieu de la forêt : voici une chose pas trop habituelle et assez effrayante.
Les "chiens" continuent leur concerto, des branches craquent autour de nous, ça bouge. Nous allumons nos lampes frontales et inspectons les lieux : rien.
Dur dur de retrouver le sommeil.

Au petit matin, je surprends un sanglier à une dizaine de mètres en train de fouiller dans le sol. Lorsqu'il me voit, il prend la fuite.
Et en préparant du thé pour le petit déjeuner, c'est une biche qui vient nous rendre visite. Mais tout comme le sanglier, elle prend la fuite une fois qu'elle nous a aperçus.
 Nous avalons nos céréales déshydratées, rangeons notre matériel et nous laissons l'endroit tel qu'il était avant notre arrivée.
Il est 7 h 30, nous avons un paquet de kilomètres à faire aujourd'hui.

 

Les rayons du soleil percent à travers la forêt. La température grimpe doucement. Les cinq premiers kilomètres sont une véritable montagne russe : ça monte, ça descend, nous passons encore dans des passages si minces que même de côté nous avons du mal à évoluer.
 

 

  • Ce n'est qu'une fois la randonnée terminée que j'apprends que ces aboiements n'étaient pas ceux de chiens, mais ceux de ... chevreuils ! Si, si, les chevreuils aboient.
Nature + thé. Les choses simples sont vraiment les meilleures.

Nature + thé. Les choses simples sont vraiment les meilleures.

Le paysage est par moment féerique.

Le paysage est par moment féerique.

On monte, on descend. Le dénivelé grimpe.

On monte, on descend. Le dénivelé grimpe.

Nous devons emprunter deux passages traversant de la roche. Mais ici, en plus d'être à l'étroit, nous sommes dans le noir complet !
Un petit panneau nous avertit qu'il faut se munir de lampes. Ce passage n'est pas obligatoire, il est possible de le contourner. Mais hors de question pour nous de ne pas s'aventurer là-dedans!

Une fois dehors, nous tombons sur des arbres incroyablement hauts. Le paysage change. Nous avons l'impression de marcher en plein dans un parc national américain.
Comme quoi, pas besoin d'aller loin pour être dépaysé.

 

Puis, le terrain redevient plat. La forêt disparait peu à peu, nous traversons des champs, des plaines. Nous avalons les kilomètres sous une chaleur qui devient de plus en plus difficile à supporter. Lors d'une petite pause, je regarde mon GPS et, avec un énorme sourire aux lèvres, je dis à Rémi:
"Mec, je pense qu'il nous reste environ quatre kilomètres maximum."
Heureux de cette nouvelle, nous repartons, plus motivés que jamais.
Nos pieds souffrent et la fatigue de cette très courte nuit se fait ressentir.
Devant nous se trouve un panneau indiquant la distance restante.
Et là, c'est le drame.
Ce ne sont pas quatre kilomètres qu'il nous reste à faire, mais neuf.
Je me suis totalement loupé sur mon calcul. Notre moral retombe à zéro. Nous sommes proches d'une petite ville nommée Scheidgen. Nous nous arrêtons dans un hôtel / restaurant pour boire un coup et surtout manger, car nous mourrons de faim !
Malheureusement, ils ne servent plus rien. Il ne leur reste que deux croissants et des glaces.
"Bon, bah ça sera un repas à base de croissants et de glaces!"
La serveuse nous indique qu'il y a un bus qui passe pour Echternach. Une fois là-bas, pourquoi ne pas aller à la piscine?
Rémi me regarde.
Je le regarde.
C'est tentant, mais non. Ce n’était pas dans le contrat.
Et puis, neuf kilomètres, ce n'est pas la fin du monde.

 

L'entrée de la caverne.

L'entrée de la caverne.

Chemin étroit et obscurité totale sont au rendez-vous.

Chemin étroit et obscurité totale sont au rendez-vous.

Nous plongeons dans le coeur de la Terre.

Nous plongeons dans le coeur de la Terre.

En plus de ça, le chemin est escarpé. Attention aux chevilles!

En plus de ça, le chemin est escarpé. Attention aux chevilles!

Des escaliers taillés dans la pierre.

Des escaliers taillés dans la pierre.

Et d'autres directement plantés sur le terrain.

Et d'autres directement plantés sur le terrain.

Les arbres sont de plus en plus grands.

Les arbres sont de plus en plus grands.

Nous changeons radicalement de paysage.

Nous changeons radicalement de paysage.

Face à la nature, nous ne sommes que poussières.

Face à la nature, nous ne sommes que poussières.

Nous attaquons les neuf derniers kilomètres.
On improvise des histoires, on se raconte des conneries. Faut oublier la douleur dans les pieds et la fatigue.

 

Nous perdons le chemin. Nous faisons demi-tour, mais impossible de savoir quand nous nous sommes éloignés du sentier.
Mon GPS l'indique à environ 100 mètres au-dessus de nous. Pour le rejoindre, nous coupons à travers la forêt et devons grimper une côte des plus pentues.

Les derniers kilomètres passent plutôt rapidement.
On peut apercevoir Echternach au loin.
C'est dans la poche!

 

Nous arrivons à notre point de départ vers 17 h 00.
Nous nous affalons à une table d'un restaurant et mangeons comme quatre.

 

Bientôt la fin de notre aventure...

Bientôt la fin de notre aventure...

Echternach se dessine au loin.

Echternach se dessine au loin.

BILAN FINAL

 

Kilomètres parcourus : 51
Dénivelé positif : 1490 mètres

 

Deux jours de marche sous 35°ça use.
Mais surtout, ça fait du bien. Moralement et physiquement.
A l'heure où l'on part à l'autre bout de la planète pour alimenter son compte Instagram de photos, on oublie que près de chez nous existent des contrées qui méritent le coup d’œil.
Pas besoin de prendre deux avions et cumuler des milliers de kilomètres pour vivre l'aventure avec un grand A.
Rendez-vous d'un sac à dos, entourez-vous d'ami(e)s sur qui vous pouvez compter et partez vadrouiller.
Marchez, escalader, faites des pauses pour écouter les chants des oiseaux et le bruissement des feuilles, dormez sous les étoiles, respirez. Les situations les moins agréables deviendront des anecdotes amusantes, et les moments les plus magiques resteront vos meilleurs souvenirs.

Pour apprécier la nature, il faut aller à son contact.
Et la nature qui se trouve en face de chez vous recèle bien secrets que êtes loin d'imaginer.

 

Notre tracé GPS.

Notre tracé GPS.

Lorsqu'elle s'enfuit, la route est la seule amante qui vaille la peine d'être suivie.

Sylvain Tesson

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