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Le journal d'un esprit libre

Mauvaise Saint Valentin

Les images "anti Saint-Valentin" fleurissent sur Google image.

Les images "anti Saint-Valentin" fleurissent sur Google image.

Nous sommes en février.

Et qui dit février dit… Saint Valentin !

Ahhhh ! Cette douce et romantique journée durant laquelle nous allons chérir notre âme sœur. Fleurs, cadeaux, resto. Et pour les plus chanceux, un orgasme pour clôturer le tout.
Mais s’il y a bien quelques personnes pour qui la Saint Valentin est bien plus qu’une fête des amoureux, ce sont les restaurateurs, fleuristes, boutiques…

 

C’est l’heure de la critique facile.

Et aujourd’hui, les amoureux sans personnalité sont ma cible, tout comme les célibataires sont celles de Cupidon qui, à l’approche du 14 février, aiguise ses plus belles flèches pour nous percer… le compte en banque !

Mauvaise Saint Valentin

« Ouais, mais de toute façon, la Saint Valentin c’est qu’une fête commerciale ! »

Oui.
Tu as raison.
Et bien avant que cela soit une énorme pompe à fric, les historiens pensent que l’origine réelle de cette fête est attestée au XIVe siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le jour de la Saint-Valentin du 14 février était fêté comme une fête des amoureux car l'on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s'apparier. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, comme Halloween, cette fête s'est ensuite répandue à travers le continent à une époque récente.

Bien.
Nous offrons donc des cadeaux à notre bien aimée car en ce jour du 14 février, les oiseaux baisent entre eux.
Il est toujours surprenant de remonter aux origines des fêtes et traditions et de se rendre compte de la bêtise de celles-ci.

Mais qu’importe. La Saint Valentin a évolué.
Valentin de Terni fêté le 14 février est désigné par l'Église catholique comme saint patron des amoureux avec le pape Alexandre VI qui lui donne le titre de « patron des amoureux » en 1496.
Au diable Cupidon, le vrai boss c’est Valentin de Terni. Mais l’histoire de ce saint patron des amoureux n’est pas si romantique…

Pour mieux comprendre le nom attribué à cette fête, lisons ce petit texte de Wikipédia :

 

« Selon la légende, aux débuts du christianisme alors que toute l'Europe n'est pas encore convertie, l'empereur Claude II le Gothique, n'aimant en rien les chrétiens et voulant interdire le mariage afin que plus d'hommes soient envoyés à la guerre, est informé des consultations de Valentin qui marie les chrétiens. Il ordonne alors l'arrestation de Valentin.

Valentin refuse de se soumettre à la volonté de l'Empereur, et se retrouve mis à la geôle. À cette occasion, il rencontre la fille de son geôlier, une aveugle de naissance nommée Julia. Durant sa captivité, Valentin entretient des relations amicales avec Julia qui, du fait de sa cécité, demande à Valentin de lui décrire le monde. Julia, par amour envers Valentin, lui apporte à manger jusqu'au soir où, selon la tradition, un miracle se produit : certains témoins disent avoir aperçu une vive et forte lumière par la fenêtre de sa cellule, alors que Julia retrouve la vue et déclare : « Maintenant je vois ! Je vois le monde tel que vous me l'avez décrit !

L'événement parvient jusqu'aux oreilles de Claude II le Gothique, qui n'apprécie que peu ce genre d'épisode, et ordonne sur le champ l'exécution de Valentin. Le jour de son exécution, il est roué de coups par les légionnaires romains et décapité sur la voie Flaminia, le

Toute la famille de Julia se convertit au christianisme pour honorer la mémoire de Valentin. Il est dit que Julia plante, près de la tombe de Valentin, un amandier. L'arbre est depuis ce jour, un symbole de l'amour.

En 495, le pape Gélase Ier décide d'en finir avec la licence de la fête païenne des Lupercales célébrées du 13 au 15 février et décide de la remplacer par la fête du 14 février, jour de trois saints martyrs appelés Valentin, dont Valentin de Terni. »

Voilà pour la petite histoire de ce pauvre Valentin de Terni qui mourra dans d’atroces souffrances.

Saint Valentin de Terni mariant Sabino et Sérapia

Saint Valentin de Terni mariant Sabino et Sérapia

Tout comme Noël et bien d’autres fêtes populaires, la Saint Valentin est aujourd’hui un excellent moyen pour les commerces de s’enrichir.

De la simple rose à la bague la plus luxueuse, l’amour n’a pas de prix…

 

Selon un article publié sur LeFigaro.fr, je cite  « Pour les consommateurs, la Saint-Valentin représente une rupture avec le quotidien. Cette fête est aussi l'occasion de «lâcher prise» financièrement, selon le terme employé par Anthony Mahé. En effet, si l'habitude consiste aujourd'hui à faire attention à ses dépenses, «les rituels sociaux tels que la Saint-Valentin sont l'occasion de surdépenser, de surconsommer». Ainsi, si près de la moitié de ceux qui comptent festoyer ne souhaitent pas y consacrer plus de 49 euros, le budget peut grimper jusqu'à 150 voire 200 euros pour les autres. Ce qui explique que les deux tiers des réservations enregistrées par Weekendesk pour la période soient dirigées vers les hôtels 4 et 5 étoiles. »

 

« Une rupture avec le quotidien ».
Là est le gros souci de ce genre de réaction vis-à-vis d’une fête aussi commerciale.
Pourquoi attendre ce jour-là en particulier pour prendre le temps de vivre quelque chose avec sa moitié ?
Les ruptures avec le quotidien peuvent s’effectuer… quotidiennement. Tout n’est que question de temps, d’envie et de volonté.

 

Je ne reviendrai pas sur l’absurdité de payer un tarif excessif pour un week-end en amoureux dont la hausse des prix est excusée par cette soi-disant fête romantique. Il y a 52 week-ends dans l’année. Choisir l’un des plus élevés au niveau tarifaire afin d’essayer de prouver tout l’amour que l’on porte à son/sa conjoint(e) est d’un ridicule absolu.

 

Ni sur l’absence totale de romantisme lorsque l’on se retrouve dans un restaurant bondé de couples « parfaits » (car nous sommes toujours différents de notre voisin, même si celui-ci vit exactement la même situation que vous), la main dans la main de sa chérie, en train de lui dire des petits « je t’aime », le tout sous l’œil méprisant du serveur qui espère seulement récolter un max de pourboire de la part de tous ses tourtereaux qui après s’être embrassé devant leur smartphone s’empressent de publier leur photo sur tous les réseaux sociaux en tentant de prouver que leur couple vaut mieux que celui de la table d’à côté.

 

***

 

Enfin… tout n’est qu’une question de choix.
Le mien est vite fait.
Offrir des cadeaux car il faut offrir des cadeaux enlève tout le plaisir de la spontanéité et de la surprise (chose valable pour Noël et les anniversaires).
Attendre le jour de la copulation des oiseaux pour prouver mon amour me parait grotesque.


Et il n’y a rien de romantique dans cela.


Et pour les plus difficiles à convaincre, sachez que le valentinage est une coutume médiévale par laquelle, une fois l'an, les épouses pouvaient avoir des relations sexuelles hors mariage (que l'église s'efforçait de combattre).


« Pour autant, malgré les sermons des prêtres, les pratiques sexuelles du Moyen Âge demeurent très libres. [...] les coutumes folkloriques, comme celle du « valentinage » qui accorde aux épouses un jour de liberté érotique avec un « valentin » tiré au sort. — (Olivia Gazalé, Je t'aime à la philo, Robert Laffont, Paris, 2012, p. 95) »

 

 

 

Alors messieurs, si pour la Saint Valentin votre bien aimée vous propose un valentinage, réfléchissez-bien avant de dire oui.

Mais soyez sûr que ce cadeau lui fera plaisir… et sera gratuit.

Mauvaise Saint Valentin

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