Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le journal d'un esprit libre

Snuff - Chuck Palahniuk

Snuff - Chuck Palahniuk

Résumé :
Cassie Wright, star du porno sur le retour, a décidé de terminer sa carrière sur un coup d’éclat : se faire prendre devant les caméras par six cents hommes au cours d’une seule nuit. Dans les coulisses, les heureux élus attendent patiemment leur tour. Parmi eux les numéros 72, 137 et 600 font part de leurs impressions. Mais, entre fausses identités, désirs de vengeance et pulsions homicides, la nuit ne va pas du tout se dérouler comme prévu.

SNUFF : "Qualifie un film sadomasochiste, qui met en scène torture ou meurtre où la victime est censée ne pas être un acteur mais une personne véritablement torturée ou assassinée."

Voilà un étrange ouvrage de Chuck Palahniuk (à qui on doit Fight Club) dont la quatrième de couverte a su alimenter ma curiosité.
Comment faire tenir une telle histoire sur plus de 200 pages?
Pénétrons (c'est fait exprès) dans les coulisses du gang bang le plus colossal que l'histoire du X ait proposé.


"Je lui dis ça tout en regardant un autre écran, Cassie qui suce un mec dans Les Tronchées. Les lèvres du mec sont rouges et charnues comme le trou du cul d'un pédé. Super définition des triceps. Pas de duvet sur les bourses. J'ôte mes lunettes de soleil, et le type là-haut, ben, c'est moi."

Qu'on soit clair : avec une telle histoire, dites adieu à la plume raffinée et distinguée. Ici, la vulgarité de la prose s'accorde parfaitement avec l'univers crasseux dans lequel nous sommes plongés.
C'est cash, c'est hard, c'est drôle, parfois chiant et redondant, mais ça fait partie du style.

Nous suivons donc cinq personnages : Cassie Wright qui va faire de cet exploit son ultime adieu à la scène porno, son agent Sheila qui l'accompagne dans les moindres détails de sa préparation, et trois "numéros" qui attendent patiemment dans les coulisses leur heure de gloire.

Parmi eux, le 72 : jeune puceau collectionneur de poupées gonflables et autres ustensiles rappelant Cassie Wright, mais qui après diverses recherches sur sa vraie mère vient ici pour renouer le lien familiale.
Le 137, homosexuel refoulé drogué au viagra qui veut prouver au monde qu'il peut aussi baiser une femme.
Et le 600, hardeur connu dans le milieu, voulant une nouvelle fois tremper son biscuit entre les jambes de Cassie.

S'engagent alors plusieurs dialogues entre les trois numéros et Sheila.
Dialogue assurément drôle et abject à la fois.
Le tout dans une univers sale, grossier et glauque.

Le livre est ponctué de flashbacks entre Cassie et Sheila nous racontant la préparation d'une telle orgie. Et là, mention spéciale aux anecdotes que Cassie prend plaisir à raconter. Anecdotes si étranges - et pratiquement toujours liées au porno - que j'ai dû souvent m'arrêter de lire pour aller vérifier la véracité des propos.
Et comme dirait Cassie : C'est la vérité vraie.

Mais voilà.
La première centaine de pages nous offrent des détails amusants tant ils sont à vomir - descriptions des lieux, des personnages, des actions - et les dialogues viennent rajouter une touche de comique à cet univers incroyablement bien construit à base de phrases courtes trash et humoristiques.
Mais on s'en lasse vite.
Le livre n'apporte pas grand chose à part une histoire de vengeance personnelle qui n'a finalement pas trop d'intérêt ni de cohésion.

Donc un avis très mitigé sur ce livre qui m'aura fait bien rire en temps qu'amateur de livre au style crade et cash. Mais les cinquante dernières pages se sont révélées plus qu'ennuyeuses que drôles.

A vouloir mettre trop de vulgarité et de répétitions loufoques, ça traine en longueur et on a hâte d'en finir avec ce gangbang qui malgré la place important qu'il prend dans le récit, n'est jamais décrit, mais seulement à peine mentionné.

A lire pour le fun et pour se dégouter du porno à tout jamais.

 

"Je prends une pilule.
La régisseuse s'arrête devant moi et me dit: "Vas-y, deviens aveugle, mais viens pas nous demander des dédommagements après."
Quoi ? je lui demande.
"Viagra, dit la jeunette, et avec son feutre elle tapote la main qui tient le flacon de pilules bleues. Ça fait bander, mais si tu en prends trop, bonjour la neuropathie ischémique antérieure non artéritique."

 

"Le meilleur conseil que mon vieux m’ait donné, c’est de raser les poils à la base de la queue, qu’elle bande ou pas, comme ça elle paraîtra trois à cinq centimètres plus longue. "

 

"La meilleure façon pour ressentir l'ambiance de cette journée, c'est de vous imaginer sur les chiottes, en train de vous torcher d'arrière en avant. Vous faites pas gaffe, et vous étalez la merde sur la peau toute ridée de vos couilles qui pendent. Plus vous essayez de nettoyer, plus la peau se tend et les dégâts ne font qu'empirer. La fine couche de merde s'étend dans les poils et le long de vos cuisses. Voilà à quoi ressemble cette journée."

 

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article