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Le journal d'un esprit libre

Une friandise ou une farce - Nouvelle.

“La peur est la sœur de l'imagination.”

“La peur est la sœur de l'imagination.”

Et de cinq!
Cinquième nouvelle écrite en collaboration avec Romain!
Pour lire ou relire les anciennes, vous n'avez qu'à cliquer sur les liens ci-dessous :

 

Et pour celle-ci, nous avons choisi la fête d'Halloween pour illustrer notre récit.
En effet, quoi de mieux que de lire ces deux nouvelles effrayantes le soir de cette célèbre fête où les frissons et les émotions sont au rendez-vous!

Alors installez-vous confortablement, laissez une petite bougie illuminer la pièce, écoutez le doux son du vent d'Octobre souffler dans la rue, faisant virevolter les dernières feuilles mortes fraichement arrachées aux arbres et laissez-vous guider entre ces lignes qui vous porteront dans un monde où la peur est aussi omniprésente que l'air qui vous respirez.

 

La suite de ce texte est l'introduction que j'ai écrite et que nous avons utilisé pour notre récit. La suite de la nouvelle sera téléchargeable gratuitement en format PDF. Nous vous souhaitons une bonne lecture et un bon moment de terreur!

 

 

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Introduction

 

  Il aura fallu attendre mi-octobre pour que les températures puissent enfin baisser. Même si la douceur qui régnait jusque là fut loin d’être désagréable, l’automne ne fut pas vraiment l’automne sous ce beau ciel bleu.
  Mais, depuis une quinzaine de jours, le thermomètre avait du mal à remonter au-dessus des dix degrés et une brume épaisse avait fini par s’installer. Selon les prévisions météorologiques, ce voile humide restera ici pendant encore quelques jours.
  Les arbres se dénudaient enfin de leurs feuilles orangées qui à présent tapissaient le sol et les rues de Lewiston dans le Maine.
  Des centaines de citrouilles ornaient les quatre coins de la ville, des guirlandes aux couleurs de l’automne passaient ici et là au-dessus des petites ruelles des quartiers résidentiels, certains jardins étaient peuplés de squelettes, morts-vivants, momies ou loup-garou. Parfois, nous croisions les premiers enfants – les plus jeunes – en train de courir, masque sur le visage et sacs remplis de chocolats dans les mains. Interdiction de fêter Halloween à la nuit tombée pour ceux-là, ils devront encore attendre quelques années pour faire comme les « grands ».

 

  Tina et Vanessa finissaient de se préparer. Ces deux adolescentes de quinze ans avaient prévu de sortir faire la chasse aux bonbons avant de rejoindre une petite fête organisée par Kevin, le sportif beau-garçon du lycée.
   — Tina, tu penses que ta mère aurait du maquillage à me prêter ? Le mien est pratiquement vide et je dois finir les contours de mes yeux.
  Occupée à peindre ses lèvres en noir foncé, Tina lui répondit d’un hochement de tête. D’un œil furtif, elle la regarda partir dans le couloir et sourit discrètement.
  Amies depuis cinq ans, les deux filles que l’on prenait souvent pour des sœurs avaient tellement de points communs qu’elles se demandaient parfois si elles n’étaient pas finalement de la même famille. Blondes, plus grandes que la moyenne et légèrement enrobées, elles ne passaient pas une journée l’une sans l’autre et pouvaient toujours compter sur leur amitié pour un quelconque soutien.
  Malgré leur léger surpoids, les deux adolescentes trouvaient un certain succès après des garçons de leur âge. Les diktats de la mode ne semblaient pas les affecter et elles n’éprouvaient aucune honte à travers leur physique, bien au contraire.
   — Tu crois pas qu’on va avoir froid au cul avec nos jupes ? questionna Tina. Ça caille dehors…
   — T’as déjà vu une sorcière en pantalon toi ? Et puis, tu auras les collants. T’inquiète pas, on va faire deux ou trois baraques histoire de se remplir les poches puis on file chez Kévin.
  Tina ne répondit pas. Il est vrai que l’on n’avait jamais vu une sorcière se balader en pantalon. A-t-on déjà vu une vraie sorcière, au fait ? pense-t-elle avant de venir enfiler sa jupe volontairement trouée à certains endroits. 
  Dehors, la nuit s’installa peu à peu. La brume empêchait la lune de faire son travail d’éclaireuse et les feuilles mortes virevoltaient à travers les halos orangés des citrouilles posées sur le muret encadrant le portail de la maison. Des rires provenant de nulle part résonnèrent dans la rue et un petit vent vint soudainement secouer les squelettes suspendus aux guirlandes, les faisant danser étrangement au-dessus d’une foule d’enfants joyeux.

 

    — Et de trois ! s’écria Vanessa tout en renversant une poignée de bonbons à l’intérieur d’une petite pochette sur laquelle était dessinée une citrouille. En trois maisons, nous avons rempli la moitié du sac !
   — Ils ne sont pas radins cette année, mais je me gèle… tu veux pas qu’on aille chez Kévin ? J’ai pas envie de tomber malade.
   — Déjà ? Encore deux maisons et après on y va, promis !
  Tina ne répondit pas, mais acquiesça d’un mouvement de tête. Malgré sa paire de collants, elle ne sentait plus ses jambes.
  Tout en remontant Russell Street, les deux adolescentes tournèrent en direction de Bardwell Street et vinrent sonner à la première maison faisant l’angle de la rue. Un petit bruit strident résonna dans la demeure et quelques secondes après, un homme vint ouvrir la porte.
   — Bonsoir ! Mais que vois-je ? Deux superbes sorcières !
  Tina et Vanessa se regardèrent furtivement avant de lui répondre avec un joli sourire.
   — Vous pouvez me jeter un sortilège ? Bon ou mauvais, peu importe. Venant de vous deux, j’accepte tout !
  L’homme était aussi petit que large, des cheveux gras entouraient le centre de son crâne dégarni et une paire de lunettes à triples foyers venait déformer son regard hagard.
   — Heu… Des friandises ou une farce… lance Tina d’une voix hésitante.
   — Si j’en ai pas, vous me punissez ?
  Vanessa attrapa l’épaule de son amie et lui chuchota discrètement :
   — Viens, on se casse… ce mec me fait flipper.
  Alors que les deux filles commencèrent à reculer lentement, une voix aiguë survint et les fit sursauter.
   — Henry ? Mais tu vas arrêter de draguer tout ce qui bouge ! Tu es bien trop vieux et moche pour ces deux jeunes filles !
  Une grosse dame apparut, tenant dans ses mains quelques paquets de friandises.
   — Veuillez l’excuser, il n’est pas méchant, juste… con.
  Les deux amies sourirent nerveusement.
   — Tenez les enfants, un paquet chacune. Vous êtes très belle, passez un joyeux Halloween !
  Puis la porte se referma et l’on entendit encore la voix de la dame criant après son homme. Un petit moment de silence et les deux amies se mirent à rire aux éclats.
   — Putain ! Il m’a foutu la trouille ce vieux con ! Je me voyais déjà attachée dans sa cave, beugla Vanessa.
  Des milliers de feuilles jonchaient le sol créant une moquette naturelle et crissant lorsqu’une chaussure humide venait à marcher dessus. Il était 20H45 et la fête devait commencer dans quinze minutes. Comprenant que sa copine s’impatientait  et que le froid devenait de plus en plus désagréable, Vanesse prit la parole.
   — Aller, on fait cette baraque là-bas et après on va faire la fête, ça te va ?
   — Tu me le promets ?
   — Je te le jure.
  Elles arrivèrent devant le portail d’une petite maison dont les propriétaires n’avaient pas pris la peine de décorer, chose rare dans le coin.
  Quand Tina ouvrit la porte, un léger grincement lui siffla dans les oreilles. Elles marchèrent sur une petite allée recouverte de caillou et arrivèrent devant l’entrée. Après avoir pressé deux fois la sonnette, elles attendirent, grelotant dans le froid et l’humidité.
   — On dirait qu’il y a personne ici… balança Vanessa. Regarde, il n’y a aucune décoration. Même à travers les volets, je ne vois pas de lumière. Ils sont peut-être par…
  Elle ne put finir sa phrase que la porte s’ouvra lentement, libérant un courant d’air chaud sur son visage glacé.
  Devant elles se dressait un vieil homme courbé. Il les toisa un petit moment et prit soin de bien articuler pour se faire comprendre.
   — Oh ! Vous êtes ravissantes ! Excusez-moi, mais j’ai mis quelques secondes à me souvenir qu’aujourd’hui c’est Halloween. Vous savez, à mon âge, ce genre de chose me passe par-dessus de la tête.
  Malgré la froideur du lieu, les deux filles furent immédiatement rassurées par la voix chaleureuse de cet homme.
   — Vous ne connaissez peut-être pas la règle d’Halloween, monsieur annonça Tina, nous vous demandons des friandises et si vous refusez, alors nous devons vous faire une farce. Mais pour vous, il s’agira d’une gentille farce, ne vous inquiétez pas.
  L’homme mit quelques secondes pour répondre. Il remarqua que les deux jeunes filles tremblaient de froid.
   — Des friandises ? Est-ce que du chocolat fait partie des friandises ?
   — Oui ! répondit immédiatement Vanessa. Nous adorons ça !
   — Bien, très bien. Écoutez, je vais aller chercher ça, mais je suis désolé, je ne me déplace pas très rapidement. Satanée hanche qui me fait souffrir. Je vois que vous avez froid, n’est-ce pas ? Veuillez rentrer au chaud le temps que j’aille chercher vos friandises. Je ne voudrais pas être responsable d’un rhume.
  Les deux adolescentes se regardèrent sans parler. Qu’avaient-elles à craindre d’un vieillard dont la hanche ne lui permettait pas d’avancer plus rapidement qu’une tortue ? Il fallait encore marcher une bonne dizaine de minutes avant d’atteindre la maison de Kévin, autant se réchauffer un peu avant de continuer la balade.
  Vanessa passa en première suivie de Tina qui referma la porte derrière elle… 

 

Fin de l'introduction.

 

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Pour connaitre la suite de l'histoire, cliquez sur les liens ci-dessous et découvrez ma version ainsi que celle de Romain. Amusez-vous bien :)

Voici la version imaginée par Stéphane. Âmes sensibles s'abstenir...

Et maintenant, la version écrite par Romain. La prochaine fois, réfléchissez bien avant de rentrer n'importe où...

 

 

 

Nous espérons que la lecture vous a été plaisante, n'hésitez pas à commenter et partager. Un peu de soutien nous fait toujours grandement plaisir ;)

 

Merci!

“Une bonne terreur, de temps en temps, vous remet les idées en perspective.”

Elisabeth Vonarburg

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