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Le journal d'un esprit libre

WELCOME TO SANDVIEW

WELCOME TO SANDVIEW

!!! AVERTISSEMENT !!!

Ces histoires sont réservées à des lecteurs avertis. Âmes sensibles et personnalités fragiles s'abstenir. Veuillez faire demi-tour et lire les derniers albums de "Tom-Tom et Nana".

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AVANT-PROPOS

Parmi toutes les horreurs de ce monde, l'humain en est le plus prestigieux des créateurs. Bien que les histoires qui suivent ne soient qu'une pure fiction, parfois la réalité a tendance à dépasser l'imagination, aussi abjecte et immorale qu'elle puisse être.
L'idée d'écrire ces courts récits abominables m'est venue durant la lecture de plusieurs faits divers plus affreux les uns que les autres. Étonné par la capacité des hommes à promouvoir le Mal entre-eux, j'ai alors voulu créer quelque chose à l'image de celles et ceux qui font de la vie d'autrui un enfer, tout en gardant une certaine fantasy grand-guignolesque dans la conception des mes textes.
A l'heure où l'univers tout entier semble offensé par les propos de chacun, je viens inonder ce monde fragile d'une giclée de violence gratuite et dépravée ; hommage à ces films horrifiques poisseux qui jadis choquaient pour leur contenu nauséabond et non pas pour le message qu'ils véhiculaient.
Toi, futur blessé qui trouvera dans ces textes une bonne raison de me maudire, je te dédie ces histoires.

 

Textes et illustrations faites par l'auteur de ce site - Tous droits réservés.

 

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La pancarte annonçant la ville de Sandview. Impossible de faire marche arrière désormais.

La pancarte annonçant la ville de Sandview. Impossible de faire marche arrière désormais.

 

  INTRODUCTION


Chers visiteurs, soyez les bienvenus dans ce récit interactif !
Vous vous apprêtez à pénétrer dans la petite ville de SANDVIEW située dans l'Arizona. Ici, oubliez les paysages légendaires et le rêve américain. Les seules choses qui prospèrent dans cette bourgade tourmentée sont la violence, la misère, la folie et la désolation.

Durant cette curieuse aventure, le choix des lectures s'offre à vous. En effet, vous serez bientôt en possession d'une carte touristique de la ville. Mais attention, les apparences sont trompeuses. Ne vous fiez pas à l'aspect simplet et mignon de ce plan, car derrière ces dessins grossiers se cache une terrible réalité.

Pour visiter Sandview, rien de plus simple : cliquez directement sur l'endroit que vous souhaitez explorer et une nouvelle page s'ouvrira alors.
Certains récits auront un lien entre eux, d'autres non. Mais qu'importe l'ordre dans lequel vous les lirez, cela ne changera en rien leur déroulement. Toutefois, il sera parfois recommandé de lire telle ou telle histoire avant une autre ; mais tout cela sera indiqué.

Où se trouve donc cette carte?
Pour cela, vous devez rencontrer le doyen de la ville. Un vieil homme qui, sous le soleil cuisant de l'Arizona, contemple depuis sa chaise à bascule les abominations que cette ville peut offrir.

Vous voilà prévenus, chers visiteurs.

En vous souhaitant une bonne lecture, et... bon courage.

 

 

Le vieux croquis trouvé dans l'album photo de votre grand-père.

Le vieux croquis trouvé dans l'album photo de votre grand-père.

 

  EN PLEIN DÉSERT 

 

    Devant vous, un paysage post-apocalyptique.
    Derrière vous, un nuage de poussière couleur ocre.
    Le désert. Encore et toujours ce foutu désert.
    Cela fait plus de deux heures que vous roulez sur ce chemin de terre battu. En plus de sursauter dans tous les sens comme l'un de ces péquenauds sur le dos un taureau gonflé aux hormones, votre vielle bagnole commence à lâcher de drôles de bruits. Le genre de son que l'on préfère ignorer en montant le volume de l'autoradio à son maximum.
    Et en parlant d'autoradio, la seule chose que vous arrivez à capter dans ce coin perdu est de la country. Une bonne vieille country qui vous ferait danser un tas d'obèses durant n'importe quelle fête à la saucisse. Le genre de scène qui vaut le coup d’œil : imaginez une cinquantaine d'hommes et de femmes, dont le taux de cholestérol dans chaque individu dépasse le nombre de bactéries dans l'intestin d'une baleine bleue, en train de bouger tous en rythme, chapeau de cow-boy vissé sur la tête et faisant claquer le talon de leurs santiags sur un sol poussiéreux. Le tout sous le rythme affreusement répétitif de Bill le fermier, chanteur de country à ses heures perdues, accompagné de ses fils armés d'un banjo et d'une guitare.
    Désolant.
    Et lorsque la musique s'arrête enfin, c'est à ce moment là que les choses deviennent vraiment intéressantes.
    Un public à bout de souffle au bord de l'infarctus, couché sur le sol, adossé contre les toilettes chimiques disposées ici et là, affalé sur les chaises en plastique à la limite de la rupture. Un coca-cola avalé, deux bouchés de hot-dog ingurgitées, et c'est reparti pour faire trembler l'état tout entier.
    Un truc unique qu'il faut voir au moins une fois dans sa vie.

    Et les trucs bizarres, louches et malsains, vous en êtes un collectionneur - votre aventure préférée reste cette orgie de nains au Brésil dont vous avez été témoin. Sinon, vous ne seriez pas là à vous cramer la rétine sous ce soleil de plomb et à vous flinguer les poumons avec toute cette poussière respirée. Non, ce qui vous pousse aujourd'hui à vous enfoncer dans ce désert, c'est cette histoire que votre grand-père vous a racontée il y a quelques années. Sur le coup, elle avait traversé votre esprit d'une oreille à une autre sans trop éveiller votre curiosité. Une histoire banale que les grands-pères prennent plaisir à conter. Un truc pour endormir les mômes.
    Mais il y a un mois, le vieux a décidé de partir retrouver sa défunte épouse aux pieds du Seigneur tout puissant. Il a donc laissé une maison à l'abandon. Une belle baraque à quelques kilomètres de San Francisco qu'il fallait vider. Et dans tout ce bordel à jeter, à trier, à essayer de ventre pour tenter de gagner quelques dollars, vous avez trouvé ce dessin. Un croquis de la ville de Sandview située dans l'Arizona. Habituellement, c'est le genre de truc que l'on regarde sans trop d’intérêt, puis que l'on roule en boule et que l'on jette dans une poubelle placée de l'autre côté de la pièce en essayant de faire un panier.
    Mais là, c'était différent. D'un coup, un tas de souvenirs ont refait surface en vous. Votre grand-père vous racontant cette histoire bizarre. Une ville qui semblait appartenir à un autre monde. Violente, immorale, abjecte et surtout, une ville des plus étranges où l'horreur était omniprésente.

    Étrange.
    L'intonation de votre grand-père en prononçant ce mot résonne encore dans votre esprit.
    Vous faites pivoter votre tête vers le siège passager et contemplez le dessin. Il est froissé, taché et déchiré. Mais malgré son piteux état, vous sentez un frisson vous parcourir à chaque fois que vous déposez les yeux dessus. Un orgasme visuel. Ce vieux avait du talent pour dessiner, un vrai artiste.
    Et si c'était faux?
    Bien que votre mère vous ait confirmé que votre grand-père n'a jamais changé la version de son histoire à propos de cette curieuse ville, vous restez septique. Curieux, mais septique. Et faire quinze heures de bagnole pour rien, c'est toujours relativement chiant et frustrant.
    Mais votre scepticisme ne tarde pas à s'évaporer : un panneau indiquant la ville se trouve devant vous.

    Vous claquez la porte. La poussière disparait sous un coup de vent. Le soleil tape, vous sentez la puissance de ses rayons vous bruler la peau. Quelle idée de venir se perdre ici en plein été! Pas le temps de pester, vous vous approchez du panneau.

 

WELCOME TO
SANDVIEW

POPULATION 764 666

ARIZONA

 

    Charmant.
    Vous êtes proche du but. Mais lorsque vous levez les yeux, aucune ville ne s'offre à vous. Rien. Le néant. De la terre aride, du sable brulant et des buissons asséchés. Rien de vivant, que dalle. Même pas une de ces saloperies de serpents à sonnette. Il fait trop chaud pour tout le monde ici.
    À environ cinq cents mètres devant vous, des rochers couvrent le paysage. Des rochers qui ont la même couleur que tout le reste. Sans lunettes de soleil, on devient aveugle rien qu'en fixant le sol. Qui serait assez con pour venir vivre dans un enfer pareil?
    En guise de réponse, un coup de feu retentit. Vous sursautez, des goutes de sueur vous tombent dans les yeux et vous manquez de vous fouler la cheville contre une pierre grosse comme un ballon de football. Quelques oiseaux qui jusqu'ici étaient cachés s'envolent pour disparaitre dans un arbre mort. Votre cœur bat la chamade, mais vous vous sentez euphorique. Vous ne doutez plus. Votre grand-père n'avait pas dit de connerie.
    Vous regardez une dernière fois le panneau, puis vous remontez dans votre voiture. C'est une véritable fournaise là-dedans, mais tant pis, vous préférez ignorer cette sensation. Il faut parfois souffrir un peu pour combler ses désirs.
   "Sandview, j'arrive !" hurlez vous avant d'appuyer sur l’accélérateur et de transformer le paysage en une tempête de poussière aux couleurs des enfers.

 

 

 




   

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